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Boilly Louis Leopold Portrait Du Compositeur Francois Adrien Boieldieu Inv.1905.1 @c. Lancien C. Loisel Metropole Rouen Normandie

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Musée

Dans la peau de François-Adrien Boieldieu...

Un pont et un collège portent son nom, une statue le représente au cœur de la ville, et il fut, au début du XIXe siècle, l’un des compositeurs les plus acclamés d’Europe. L’année 2025 marque le bicentenaire de La Dame blanche, son chef-d’œuvre. Pourtant, aujourd’hui, François-Adrien Boieldieu est sans doute la célébrité rouennaise la plus méconnue de ses concitoyens.
Mais qui était donc Boieldieu ?

Des débuts rouennais à la gloire européenne

François-Adrien Boieldieu naît à Rouen le 16 décembre 1775, au 61, rue aux Ours. Si sa maison natale a été détruite lors des bombardements, une plaque commémorative en rappelle l’emplacement. Très jeune, il se forme à la musique auprès de la maîtrise de la Cathédrale et de l’organiste Charles Broche. Son
talent lui vaut rapidement une reconnaissance locale. Durant la Révolution, il joue du piano dans une salle de concert aménagée au premier étage du Bureau des Finances. 

Son installation à Paris en 1796 marque le début de sa carrière nationale. Il s’y fait remarquer grâce à l’opéra comique et se lie d’amitié avec le compositeur italien Cherubini. En 1803, Boieldieu est appelé à Saint-Pétersbourg par le tsar Alexandre Iᵉʳ, qui le nomme compositeur officiel de la cour impériale. Il y reste huit ans. De retour en France, il connaît son plus grand succès en 1825 avec La Dame blanche, un opéra qui triomphe dans toute l’Europe.

Ses dernières années sont assombries par la maladie et il s’éteint le 8 octobre 1834. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Désireuse de rendre hommage à son illustre enfant, la ville de Rouen obtient de sa veuve le cœur du compositeur, aujourd’hui conservé dans un somptueux monument funéraire au cimetière Monumental.

La salle Boieldieu au musée des Beaux-Arts

Pour mieux découvrir l’univers de Boieldieu, rendez-vous au second étage du musée des Beaux-Arts de Rouen, dans la salle qui lui est dédiée. On y trouve de nombreux objets légués par ses descendants. L’œuvre maîtresse de cette collection est le Portrait de Boieldieu peint en 1800 par Louis-Léopold Boilly. On y voit le compositeur debout, en pleine quête d’inspiration, une main posée sur un piano-forte. Ce tableau est accroché au-dessus d’un véritable piano-forte ayant appartenu à Boieldieu, témoignant de son rôle dans la diffusion de cet instrument, nouveau à l’époque, dans le monde musical de son temps.

Les vitrines exposent également des objets personnels, comme deux vases en porcelaine de Sèvres décorés des figures d’Orphée et d’Amphion, ainsi qu’un service de couverts en vermeil. Ces cadeaux prestigieux lui furent offerts par le roi Charles X en récompense du succès de La Dame blanche.

Des statues

en intérieur comme en extérieur

Le musée des Beaux-Arts conserve aussi un buste en marbre blanc de Boieldieu réalisé par Dantan le Jeune. C’est ce même sculpteur qui a conçu la statue en bronze installée place du Gaillardbois. Inaugurée en 1839, elle constitue un second hommage rendu par la ville à son compositeur. Cette statue fait partie des rares monuments rouennais à avoir échappé à la fonte durant l’Occupation. Réquisitionnée en 1944, elle avait été embarquée dans un train à destination de l’Allemagne. Par un heureux concours de circonstances, elle fut réorientée par inadvertance et égarée temporairement, ce qui permit sa préservation.