Une collection remarquable
La première partie de l’exposition met en lumière les acquisitions récentes de la bibliothèque, témoignant de son engagement à enrichir continuellement ses collections. Ces œuvres illustrent les débuts et les innovations de la photographie à Rouen au XIXᵉ siècle.
Parmi les pièces majeures figure une paire de daguerréotypes datant des années 1850, représentant un couple rouennais. D’un état de conservation exceptionnel, ces images — réalisées sur des plaques d’argent poli sans négatif, donc uniques — ont été rehaussées à l’or. Elles proviennent de l’atelier de Thibaud Witz, l’un des photographes les plus importants de Rouen, dont le studio était installé place des Carmes entre 1846 et 1922.
Autour de ces œuvres emblématiques, le visiteur découvre une grande diversité de procédés photographiques : daguerréotypes, calotypes, collodion, tirages sur papier salé ou albuminé, ainsi que des radiographies. L’exposition offre ainsi un panorama de plus de 150 ans d’expérimentations et de pratiques.
Elle révèle également un aspect souvent méconnu : les retouches photographiques existaient déjà à l’époque. Une plaque modifiée, grattée pour faire disparaître la nourrice tenant un enfant durant le temps de pose, en apporte une démonstration étonnante.
Atelier De Photographie 1856 1900Rouen il y a 100 ans : une ville en mutation
La deuxième partie propose une immersion dans le Rouen de la fin du XIXᵉ siècle grâce à une série de reproductions numériques grand format réalisées entre 1870 et 1900.
Ces images permettent aux visiteurs de reconnaître rues, places et quais familiers, tout en mesurant les transformations profondes qu’a connues la ville, notamment à la suite des destructions de la Seconde Guerre mondiale et des modernisations urbaines.
À cette époque, Rouen est en pleine mutation, et les photographies en témoignent : le percement de l’actuelle rue Jeanne-d’Arc, qui entraîne la disparition de l’église Saint-Jean-sur-Renelle, l’incendie dévastateur de la rue d’Amiens en 1885, la construction du Théâtre des Arts, ou encore les dernières images du pont suspendu qui sera remplacé par le pont Boieldieu.
Parmi les clichés marquants, celui du bateau à vapeur Le Furet, qui assurait la liaison entre Rouen et La Bouille. Ce bateau était régulièrement emprunté par Gustave Flaubert pour rejoindre sa maison de Croisset. La photographie montre également l’animation intense des quais de Seine à l’époque, occupés par les installations portuaires, dont un poste de secours pour noyés et asphyxiés, voisin de la morgue.
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