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Tour de passe-passe avec Maurice Leblanc

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Singuliers Pluriel

Dans la peau de Maurice Leblanc...

Saviez-vous que le créateur du gentleman cambrioleur Arsène Lupin est originaire de Rouen ? Maurice Leblanc est né au sein d’une famille aisée de négociants du centre-ville, où il passe la première partie de sa vie. Ces années vécues entre la capitale normande et les boucles de la Seine marquent profondément son œuvre.

Des débuts rouennais à la gloire Européenne

Né en 1864 dans un immeuble situé au 2 rue de Fontenelle, le jeune Maurice Leblanc profite très tôt des abords du square Verdrel, à proximité de la maison que ses parents acquièrent au 4 rue du Baillage. Une plaque commémorative signale aujourd’hui, avec malice, l’emplacement où vécut « l’historiographe d’Arsène Lupin ». Encore étudiant, il se distingue en remportant le prix d’honneur de dissertation du prestigieux lycée Corneille. Il fréquente également assidûment la maison de Gustave Flaubert à Croisset, dans l’espoir d’entendre l’écrivain déclamer ses textes sur les bords de Seine. C’est lors de l’inauguration du monument en hommage à l’auteur de Madame Bovary que Maurice Leblanc se lie d’amitié avec Edmond de Goncourt et Guy de Maupassant.

Naissance du gentleman cambrioleur

En 1888, il quitte la capitale normande pour s’installer à Paris et se consacrer pleinement à la littérature. L’intrigue de son premier roman, Une Femme, se déroule à Rouen et dans ses environs, témoignant de son attachement à sa ville natale. Après des débuts difficiles, sa carrière connaît un tournant décisif en 1905 lorsqu’il rencontre Pierre Lafitte, éditeur du magazine Je sais tout, qui lui commande une nouvelle policière. C’est ainsi que naît Arsène Lupin, gentleman cambrioleur et futur héros de la littérature populaire. Le personnage de Lupin apparaît dans 17 romans et 39 nouvelles, dont plusieurs aventures se déroulent en Normandie. Maurice Leblanc reste profondément attaché à sa région natale et aux lieux de son enfance, tels qu’Étretat (où il achète une maison de villégiature en 1918) et Jumièges. Les ruines majestueuses de l’Abbaye de Jumièges occupent d’ailleurs une place centrale dans le roman La Comtesse de Cagliostro, paru en 1924. L’oncle maternel de Maurice Leblanc possédait l’élégante maison située face aux tours de l’Abbatiale, où l’écrivain séjourna à de nombreuses reprises. Cette fière demeure de briques aux tourelles abrite aujourd’hui le Bureau d’information touristique de Jumièges.

« La route s’allonge en lacets sur le flanc du Mont-aux-Malades. On domine Rouen. Mme Chalmin consacra à s’émerveiller un temps raisonnable. Saint-Ouen lui parut de masse plus imposante que la cathédrale. Notre-Dame l’intéressa par un petit toit vert-de-gris, où dardait le soleil. Elle ne négligea point Saint-Maclou dont “on dirait que le clocher est en dentelle de pierre”. »
Une Femme

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